SOMMAIRE


   1. PRÉSENTATION.

   2. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES.

   3. SQUELETTE.

   4. ORGANES DES SENS.

   5. VENIN.

   6. ALIMENTATION.

   7. MUE.

   8. LOCOMOTION.

   9. REPRODUCTION.

   10. ÉVOLUTION ET DIVERSITÉ.

   11. RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE.

   12. CLASSIFICATION.



1. PRÉSENTATION.

        Serpents ou ophidiens, reptiles au corps allongé, le plus souvent cylindrique et dépourvu de membres.



2. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES.



Serpent


        Le corps des serpents est recouvert d’écailles généralement lisses, se superposant comme les tuiles d’un toit. Les écailles ventrales sont beaucoup plus larges que les écailles dorsales et disposées en une seule rangée. Les yeux eux-mêmes sont recouverts d’une écaille transparente, qui les protège. Ils ne possèdent en effet pas de paupière mobile, et sont donc ouverts en permanence. La température des serpents n’est pas constante. On les dits poïkilothermes, contrairement aux animaux homéothermes (les mammifères et les oiseaux), qui conservent toujours la même température. L’exposition au soleil leur permet d’augmenter leur température interne. En fait, les serpents ont souvent une température égale à la température ambiante.

        La disposition et la forme des organes du serpent sont déterminées par sa morphologie particulière. Les poumons, par exemple, ont une structure allongée (en outre, l'un des deux est atrophié, généralement le gauche). De même, le foie n'est pas divisé en lobes, mais se trouve étiré sur une importante portion du corps.



3. SQUELETTE.

        Le très long squelette des serpents est constitué d'un grand nombre de vertèbres (de 160 à 400 selon les espèces), portant chacune une paire de côtes, qui ne sont pas soudées. Les os du crâne sont mobiles, et ceux de la mâchoire inférieure ne sont pas soudés, ce qui permet aux serpents d'ouvrir leur gueule de façon démesurée.

        La colonne vertébrale des serpents peut compter de 160 à 400 vertèbres. Chaque vertèbre est pourvue d’une paire de côtes, excepté les deux premières, reliées au crâne, et les vertèbres de la queue. Elles sont très bien articulées, ce qui permet une grande liberté de mouvement. En outre, il n’y a pas de sternum : les côtes ne sont pas soudées entre elles.

        Le crâne est souple, grâce à des os mobiles. Les deux os de la mâchoire inférieure ne sont en effet reliés que par un ligament élastique. La gueule des serpents peut donc s’ouvrir très largement et permettre l’ingestion de proies beaucoup plus grosses qu’eux. Ainsi, les grands
pythons peuvent avaler des animaux pesant jusqu’à 70 kg. Un léopard a même été trouvé dans l’estomac d’un python de 5 m !



4. ORGANES DES SENS.



Serpent




Serpent


        L'olfaction, chez les serpents, est assurée par un organe spécifique, l'organe de Jacobson, que possèdent également les lézards. C'est la langue des serpents qui récolte les particules odorantes en suspension dans l'air ; elle les porte ensuite jusqu'à l'organe de Jacobson qui en fait l'analyse.

        La vision semble très développée chez la majorité des serpents. Elle peut cependant être très faible, notamment chez les espèces fouisseuses. Les serpents ont une oreille interne, mais pas d’oreille moyenne : ils ont donc une très mauvaise audition. Ils sont en revanche très sensibles aux vibrations du sol.

        Comme les lézards, les serpents perçoivent les odeurs grâce à un organe de Jacobson, qui fonctionne indépendamment des narines. La langue longue, fine et bifide, recueille régulièrement les odeurs dans l’atmosphère et les transmet à l’organe de Jacobson, qui s’ouvre dans le palais. Chez certaines espèces, il existe des fossettes thermosensibles localisées entre les narines (chez les crotalinés), ou creusées dans les écailles labiales (chez les pythons, par exemple). Elles sont sensibles à des variations de température de 0,2 à 0,5 °C et permettent au serpent de détecter une proie dans l’obscurité.



5. VENIN.

        Les dents sont très pointues et recourbées vers l’arrière. Chez les serpents venimeux, la paire de crochets, qui est une paire de dents, est placée sur la mâchoire supérieure et reliée aux glandes salivaires, transformées en glandes à venin.

        On admet que tous les serpents possèdent des glandes à venin. Mais, il n’y a danger que s’il y a aussi un appareil inoculateur. Celui-ci est formé d’une paire de dents très développées par lesquelles s’écoule le venin. Celui-ci est expulsé des glandes par contraction des muscles mandibulaires et abducteurs.

        Chez les reptiles venimeux, on assiste à une évolution progressive des dents à venin. Chez les serpents dits aglyphes, ce qui est le cas de la plupart des couleuvres, les dents, solides et dépourvues de sillons, ne peuvent inoculer la salive. Même si celle-ci peut être légèrement venimeuse, ces animaux ne présentent donc aucun danger pour l’homme.

        Chez les serpents dits opistoglyphes, la mâchoire supérieure porte à l’arrière, une ou plusieurs dents développées et creusées d’un sillon. La salive venimeuse coule le long de ce sillon et peut donc être inoculée, mais uniquement à des proies déjà saisies. Ainsi, chez la couleuvre de Montpellier, les crochets sont très en arrière : l’animal ne peut injecter son venin que s’il a déjà partiellement avalé sa victime. Ces serpents ne présentent donc pas non plus de danger pour l’homme, sauf quelques rares espèces exotiques.

        Les
cobras, les mambas et les serpents marins sont dits protéroglyphes. Ils possèdent, sur la partie antérieure de la mâchoire supérieure réduite, des crochets sillonnés dont la gouttière se referme souvent en un canal d’inoculation. C’est, par exemple, le cas du naja. La puissance des crochets qui frappent lorsque la bouche est largement ouverte et la grande toxicité du venin rendent ces serpents particulièrement dangereux.

        Enfin, les crochets venimeux des vipères et des crotales sont dits solénoglyphes. Les maxillaires qui les portent sont très réduits et peuvent basculer vers l’avant, rendant la morsure très facile. À cet instant, le venin est expulsé de la glande par l’action de ligaments ou par des contractions musculaires. Il s’écoule par un canal qui l’injecte dans la plaie. Voir aussi Premiers soins.



6. ALIMENTATION.

        Tous les serpents sont carnivores et mangent des poissons, des grenouilles, des oiseaux, des œufs, des mammifères, des lézards et même d’autres serpents. La proie est ingérée plus ou moins rapidement par des mouvements successifs des mâchoires qui poussent la nourriture vers l’arrière. À mesure que la proie passe par la gueule, elle est enduite de salive. La déglutition par un grand python d’une très grosse proie, comme une antilope, est très laborieuse et peut prendre plusieurs heures.

        Le serpent africain Dasypeltis scabra, ou serpent mangeur d'œufs, est inoffensif, malgré sa ressemblance avec certaines vipères. Il consomme des œufs qu'il avale entiers et qui sont broyés au fur et à mesure de leur passage dans l'œsophage. À la fin du processus de digestion, il régurgitera les débris de coquille.

        Grâce à leurs mâchoires aux mandibules reliées par un ligament élastique, les serpents peuvent avaler des proies de grande taille, mais les plus gros d'entre eux ne négligent pas les petites proies : ce boa constricteur vient d'engloutir un rat.



7. MUE.

        Contrairement aux lézards, la mue des serpents est totale, c’est-à-dire que la vieille peau, appelée exuvie, tombe en un seul morceau. La fréquence de la mue dépend des espèces et, à l’intérieur d’une même espèce, de l’âge et de la taille. Les jeunes serpents, dont la croissance est rapide, muent plus fréquemment que les adultes, dont la croissance est plus lente. Chez certaines espèces, la peau est renouvelée environ tous les vingt jours ; chez d’autres, seulement une fois par an.



8. LOCOMOTION.

        Les serpents se déplacent selon quatre modalités différentes, dont la plus répandue est la locomotion en accordéon ou serpentine. Le mode de reptation particulier de la vipère des sables est appelé déroulement latéral.

        La colonne vertébrale est constituée de telle sorte qu’elle autorise une grande souplesse. Mais les ondulations du corps sont également rendues possibles par l’existence de longs et puissants muscles latéraux. Il existe, chez les serpents, quatre modes de locomotion différents.

        La méthode la plus courante est la simple ondulation latérale dite « serpentine » : le serpent pousse sur l’arrière de chaque courbe ou irrégularité du sol et avance souplement.

        La deuxième méthode, dite « locomotion du mille-pattes », ou « locomotion de l’escargot », n’est employée que par les serpents les plus lourds : la peau de la face ventrale est poussée d’avant en arrière par de gros muscles et les larges écailles ventrales s’accrochent au sol, faisant avancer le serpent en ligne droite.

        Plusieurs serpents du désert progressent par « déroulement latéral », pour se déplacer sur le sable mou : le serpent roule son corps sur le côté en un mouvement en boucle.

        La quatrième méthode est connue sous le nom de « locomotion en accordéon » : le corps est alternativement détendu puis ramassé à mesure que le serpent se déplace d’un point d’ancrage à un autre.

        Tous les serpents ne peuvent utiliser ces quatre méthodes. Les serpents aquatiques nagent en ondulant latéralement, de droite à gauche. Certains serpents donnent l’impression de voler. Ils se jettent d’un arbre à l’autre en écartant au maximum leurs côtes pour augmenter la surface portante. La plus grande vitesse connue est d’environ 13 km/h.



9. REPRODUCTION.

        Les serpents terrestres sont, pour la plupart, ovipares : ils pondent des œufs de taille et de forme variées selon les espèces. Les œufs sont généralement enterrés dans des lieux humides, des terriers abandonnés, ou calés entre des pierres.

        Des préliminaires sexuels sont observés chez plusieurs espèces : « combats » de mâles chez les vipères, mouvements rythmiques du mâle couché sur la femelle chez d’autres espèces, etc. Dans une seconde phase, le mâle cherche à placer son cloaque contre celui de la femelle. Il peut s’enrouler autour d’elle pour l’empêcher de bouger. Les mâles possèdent en général des épines qui lui permettent de s’accrocher au cloaque de la femelle. Ils possèdent également un organe copulatoire double, c’est-à-dire deux pénis. Cependant, un seul sert à l’accouplement.

        Les serpents sont généralement ovipares, c’est-à-dire qu’ils pondent des œufs. Les femelles les enterrent dans des lieux humides : terreau, tourbe, mousse, etc. Seules les femelles pythons incubent leurs œufs, lovées sur leur ponte.

        Les serpents marins, en revanche, sont ovovivipares : les femelles conservent les œufs dans leur corps jusqu’à l’éclosion. Ce sont donc des jeunes complètement formés qui naissent en mer.



10. ÉVOLUTION ET DIVERSITÉ.

        Il est généralement admis que les serpents dérivent de formes ancestrales de lézards fouisseurs à tendance apode, c’est-à-dire sans pattes. Il y a deux poumons chez les serpents inférieurs comme les boïdés. Chez les formes supérieures, le poumon gauche s’atrophie.

        La taille des serpents varie entre 20 cm et 9 à 10 m, chez certaines espèces de pythons ou d’anacondas. Leur coloration est adaptée au milieu dans lequel ils vivent.

        Pour se défendre, de nombreux serpents soufflent bruyamment, d’autres se servent des anneaux cornés mobiles du bout de leur queue, qui résultent des mues précédentes. Ce sont les crotales, ou « serpents à sonnette ». Les cobras utilisent la technique de l’intimidation : ils se redressent et déploient le capuchon qui entoure leur tête. C’est le cas du serpent à lunettes, qui possède en outre, sur l’arrière du capuchon, de faux yeux « dessinés », pour effrayer les éventuels agresseurs. Le plus souvent cependant, le moyen de défense est la morsure.

        Les oiseaux prédateurs de serpents ont pris l'habitude d'éviter le serpent corail, qui est très venimeux. Ils évitent également l'inoffensif Lampropeltis triangulum, car celui-ci arbore des rayures et des couleurs le faisant ressembler au serpent corail. Cette forme de défense passive, par ressemblance avec une autre espèce, est appelée mimétisme batésien.



11. RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE.

        On trouve des serpents dans les régions tropicales et équatoriales, ainsi que dans les régions tempérées chaudes. Le froid les engourdit et finit par provoquer leur mort. C’est pourquoi on trouve de moins en moins de serpents, en termes de nombre d’espèces, quand on s’éloigne des tropiques.

        Les serpents sont pour la plupart terrestres, mais les serpents marins se sont entièrement adaptés à la vie aquatique et ne retournent jamais à terre.

        Très répandu en Amérique du Nord, le serpent-taureau (Pituophis melanœucus) vit dans les prairies, les forêts, ou encore en bordure de désert. Il se nourrit de rongeurs, ce qu'apprécient les agriculteurs, mais peut ajouter à ce régime des oiseaux et leurs œufs.

        Serpent arboricole, le boa émeraude d’Amérique du Sud, ou boa canin (Boa caninus), arbore une vive coloration verte qui lui permet de se camoufler aisément au sein de la végétation dans laquelle il chasse à l’affût.



12. CLASSIFICATION.

        Les serpents forment le sous-ordre des ophidiens de l’ordre des squamates. On dénombre plus de 3 000 espèces de serpents. Les boïdés, les serpents les plus primitifs, comprennent, entre autres, les boas et les pythons.

        Parmi les serpents évolués, on trouve notamment les colubridés (couleuvres), les élapidés (cobras et mambas), et les vipéridés (vipères et crotales).




Sommaire


Page modifiée le




Toute reproduction interdite / Copyright © 2007.