SOMMAIRE GÉNÉRAL


   PHOTO.

   ÉGLISE CATHOLIQUE.

   La Bible de Jérusalem (Document Word).

   Imitation de Jésus-Christ (Document Word).

   Le symbolisme chrétien du poisson (Document Word)

   Pâque.

   Jésus-Christ.

   La Sainte Bible.







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SOMMAIRE


   L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

   1. PRÉSENTATION.

   2. HISTOIRE.

           2.1. L'ÉGLISE DES PREMIERS TEMPS.

           2.2. L'ÉGLISE MÉDIÉVALE.

           2.3. LA PÉRIODE MODERNE.

   3. ORGANISATION ET STUCTURE.

           3.1. L'ÉGLISE DIOCÉSAINE.haut de page

           3.2. LE PAPE.

           3.3. LE CARDINAL.

           3.4. LA CURIE.

           3.5. ÉGLISE DE RITE ORIENTALES.

   4. INSTITUTION ET TRADITION DE L'ÉGLISE.

           4.1. LA TRADITION DE L'ÉGLISE.

           4.2. SUCCESSION APOSTOLIQUE.

   5. DOCTRINE : INFAILLIBILITÉ ET THÉOLOGIE.

           5.1 L'INFAILLIBILITÉ.

           5.2. LA THÉOLOGIE.

   6. SACREMENT ET PIÉTÉ.

           6.1. LES SACREMENTS.

           6.2. LA PIÉTÉ POPULAIRE.

   7. L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN FRANCE.



L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

1. PRÉSENTATION.

        Église chrétienne placée sous l'autorité suprême du pape, évêque de Rome. Son objectif est la conversion à l'enseignement et à la personne de Jésus-Christ en vue du Royaume de Dieu. À cette fin, elle administre des sacrements qui, selon elle, dispensent la grâce de Dieu aux hommes, et prêche l'Évangile de Jésus-Christ. Elle ne se pense pas comme une Église parmi d'autres, mais comme l'Église instituée par Dieu pour sauver tous les hommes, le terme « catholique » signifie en effet universel en grec. Elle a élaboré sa doctrine au cours des conciles à partir de la Bible et du Nouveau Testament, commentés par les Pères et les docteurs de l'Église. Elle propose une vie spirituelle et une règle de vie à ses fidèles inspirées de l'Évangile et définies de façon très précise. Régie par le code de droit canonique, elle se compose, outre sa structure propre, de plusieurs mouvements apostoliques, qui comportent notamment les ordres religieux.

        Au début des années 1990, l'Église catholique comptait environ 928,5 millions de membres (soit 17,7 p. 100 de la population mondiale), principalement en Europe et en AmAu début des années 1990, l'Église catholique comptait environ 928,5 millions de membres (soit 17,7 p. 100 de la population mondiale), principalement en Europe et en AmAu début des années 1990, l'Église catholique comptait environ 928,5 millions de membres (soit 17,7 p. 100 de la population mondiale), principalement en Europe et en Amérique latine mais aussi dans les autres régions du monde. Son influence sur l'histoire de la pensée tout comme sur l'histoire de l'art est consid considérable, notamment en Europe.


Le Pérugin, la Remise des clefs à saint Pierre, 1481. Fresque, Chapelle Sixtine, Vatican.haut de page


2. HISTOIRE.

        L'Église catholique se pense héritière de la première Église chrétienne, elle-même issue du judaïsme. Son histoire est inséparable de l'histoire du christianisme. Ses rites, ses croyances sont fondés sur la personne et l'enseignement de
Jésus-Christ. Elle se considère voulue et conduite par Dieu, « instituée par le Christ ». Elle trouve toutefois plus précisément son origine historique dans l'Église chrétienne latine qui s'est développée en Occident à partir du IIème siècle. L'histoire de l'Église chrétienne est marquée par de nombreuses ruptures. Les plus importantes sont le Grand Schisme des Églises d'Orient et d'Occident en 1054 et la Réforme protestante au XVIème siècle. Elles contribuèrent à la définition de l'Église catholique, par opposition aux Églises orthodoxes et protestantes.

        Bien entendu, l'histoire de l'Église relève autant de l'histoire économique, sociale et politique que de l'histoire religieuse ou de l'histoire des doctrines. C'est néanmoins principalement sous ces deux derniers angles que nous l'étudierons ici, avant d'en dessiner la structure interne actuelle. Pour une vue plus générale et plus développée de l'histoire chrétienne, il convient de se référer à l'article christianisme.

2.1. L'ÉGLISE DES PREMIERS TEMPS.

        L'Église primitive fut soumise à plusieurs persécutions. L'incendie de la ville de Rome en 64 donna à l'empereur Néron le prétexte d'une violente persécution contre les chrétiens accusés par lui d'avoir mis le feu à la ville. Pierre semble avoir été l'une des victimes de la répression. Paul fut exécuté à Rome en 65. Cependant l'Église profita du cadre de l'Empire pour sa première extension. Elle bénéficia de la paix intérieure, la pax romana. Rome vit se développer une communauté importante de chrétiens. Le christianisme s'implanta dans les grandes métropoles de l'Empire romain, à Antioche, capitale de la province romaine d'Orient, à Alexandrie, deuxième ville et grand centre intellectuel de l'Empire.

        Le christianisme intégra le langage philosophique de l'époque. Au cours des trois premiers siècles du christianisme, apparut la première génération de penseurs chrétiens appelés « Pères de l'Église ». Dans le feu des controverses, leur réflexion mûrit et donna les bases de la recherche et de l'expression théologiques. L'âge d'or des Pères de l'Église fut le Vème siècle, et notamment l'épisode de la crise arienne (voir arianisme). Les Pères essayèrent de rendre compte théologiquement de la divinité du Christ qu'Arius niait.

        En 313, l'empereur Constantin accorda la liberté de culte aux chrétiens (édit de Milan). Il se présenta comme un empereur chrétien et construisit les premiers grands monuments, comme la basilique Saint-Jean-de-Latran ou Saint-Pierre de Rome.

2.2. L'ÉGLISE MÉDIÉVALE.

        Lors des invasions barbares et durant l'effondrement de l'administration romaine, l'Occident vécut une période troublée. L'Église connut cependant un développement important ; le nombre des sièges épiscopaux continua de s'accroître, le mouvement monastique prit de l'ampleur. Le Moyen Âge vit une opposition incessante entre le pape et l'empereur germanique. Une autre lutte, la querelle des investitures opposa le pape aux différents souverains d'Europe. Au terme du conflit, le pape fut reconnu comme chef de l'Église d'Occident et doté d'une puissante administration, la curie.

        Mais en même temps, l'Église se divisa. L'Église d'Occident se sépara de l'Église d'Orient en 1054. (Voir également pour l'histoire de l'Église médiévale l'article Croisades).

2.3. LA PÉRIODE MODERNE.

        Au XVIème siècle, une autre déchirure apparut, la Réforme. En 1517, Martin Luther publia une déclaration en quatre-vingt-quinze points contre les indulgences et le trafic fait par la papauté pour financer la reconstruction de Saint-Pierre de Rome. Ce fut le premier moment de la réforme protestante. D'autres réformateurs comme Calvin, Zwingli, Bucer remirent en cause l'Église catholique. La Réforma gagna certaines principautés allemandes, la Suisse et la France. En Angleterre, Henri VIII, excommunié par le pape, fonda sa propre Église. Il fit voter par le Parlement un « Acte de suprématie » (1534). L'Église catholique réunit un concile à Trente en 1545, concile de la Contre-Réforme, ou plus exactement de la Réforme catholique.

        De nouveaux ordres religieux apparurent comme la Compagnie de
Jésus fondée en 1540 par Ignace de Loyola.

        Au XVIIIème siècle, la philosophie des Lumières s'en prit à l'Église qui ne fut toutefois pas totalement étrangère à ce mouvement. Nombreux furent les authentiques savants parmi les croyants, jusqu'au pape Benoît XIV. Mais intervint une fracture. La plupart des philosophes opposèrent la raison à la foi ou tout au moins à la révélation ; le catholicisme ne fut pas prêt à reconnaître à la science son autonomie.

        La Révolution française mit aussi à mal l'Église. La constitution civile du clergé en 1790 donna à l'État le contrôle absolu de l'Église de France. Le pape Pie VI condamna cette constitution en mars 1791. La Terreur essaya d'annihiler toute vie chrétienne. À Nantes, des massacres furent organisés contre les catholiques. Des pressions et des menaces s'abattirent sur le clergé. En 1864, Pie IX condamna la modernité. Le Syllabus énuméra quatre-vingts « erreurs modernes ».

        Le second concile du Vatican (1962-1965) renversa cette perspective et donna à l'Église une nouvelle relation au monde (voir Vatican II, concile).

        Ce second concile reconnut également la liberté religieuse dans le décret Dignitatis humanae. L'exercice de la religion repose sur des actes intérieurs volontaires qui ne peuvent être imposés, la dignité humaine fonde la liberté de conscience. Dans le décret Nostra aetate, le concile reconnut la valeur des religions non chrétiennes. Il affirma la présence de valeurs spirituelles et morales dans les autres religions. Il rappela les antécédents juifs de l'Église et condamna les persécutions antisémites. Le concile encouragea par ailleurs l'œcuménisme. Bien que l'Église catholique n'appartienne pas au Conseil œcuménique des Églises, elle maintient des contacts avec cet organisme.

        Une minorité d'évêques dirigée par Mgr Lefebvre s'opposa au concile Vatican II. Le mouvement intégriste demeura un moment au sein de l'Église avant d'en être exclu, lors du schisme de 1988, qui survint du fait de la nomination illicite d'évêques par Mgr Lefebvre.

3. ORGANISATION ET STRUCTURE.

        L'unité de base de l'Église catholique est le diocèse présidé par un évêque. Il existe aujourd'hui environ 1 800 diocèses et l'église principale dans un diocèse est sa cathédrale où officie l'évêque.

3.1. L'ÉGLISE DIOCÉSAINE.

        L'évêque est le premier responsable de son diocèse et doit jouir de tous les pouvoirs nécessaires à l'accomplissement de sa fonction pastorale. Il est parfois aidé par un évêque coadjuteur ayant droit de succession ou un évêque auxiliaire sans droit de succession. Il a le pouvoir de conférer les ordres majeurs. Il assigne les prêtres dans leur paroisse ou les charge de toute autre fonction. Il délègue souvent les taches administratives à son vicaire général, à son chancelier ainsi qu'à d'autres responsables. Il dispose de divers conseils, parmi lesquels le conseil presbytéral.

        La paroisse a vocation de rassembler tous les catholiques habitant le même territoire. Le prêtre est responsable de sa paroisse et travaille en collaboration étroite avec des laïcs.

        Les diacres sont des collaborateurs directs de l'évêque ; ils ont une mission particulière dans l'Église comme l'aide aux malades, le service de tel ou tel secteur. De nos jours, des hommes mariés peuvent être ordonnés diacres.

3.2. LE PAPE.

        Le pape est le chef suprême de l'Église catholique. Il institue les évêques dans leur diocèse et ordonne leur transfert d'un diocèse à l'autre. Le pape Paul VI créa le 15 septembre 1965 le synode des évêques, organe représentatif de tous les évêques que le pape peut consulter à tout moment sur les questions les plus importantes. Le premier de ces synodes se tint au Vatican en 1967 et fut suivi de plusieurs autres depuis. Les synodes diffèrent des conciles œcuméniques, convocations solennelles de tous les évêques du monde. La longue histoire de l'Église catholique ne compte que 21 conciles. Le dernier en date est le deuxième concile du Vatican.


Benoit XVI



Jean-Paul IIhaut de page


3.3. LE CARDINAL.

        Les cardinaux sont les plus hauts dignitaires ecclésiastiques après le pape. Nommés par ce dernier, ils forment le conseil suprême de l'Église, le Sacré Collège, qui se réunit en conclave à la mort d'un pape pour procéder à l'élection de son successeur. La plupart des cardinaux sont des évêques de diocèses du monde entier. La sacrée Congrégation des cardinaux était anciennement limitée à 70 membres (6 cardinaux-évêques, 50 cardinaux-prêtres et 14 cardinaux-diacres). En 1991, le nombre des cardinaux a atteint 162, la plupart ayant été nommés par le pape Jean-Paul II.

3.4. LA CURIE.

        Le pape est assisté dans l'administration de l'Église par la curie. Celle-ci est aujourd'hui gérée par un secrétariat d'État auquel sont rattachés plusieurs organes extérieurs, constitués principalement de l'office de la Sacrée Congrégation pour les affaires publiques de l'Église, de dix congrégations, trois tribunaux, trois secrétariats.

3.5. ÉGLISE DE RITE ORIENTALES.

        Certaines Églises orientales sont unies à Rome. Elles ont leur propre histoire, leur propre liturgie (rites, langues liturgiques), leur mode d'organisation, leurs spiritualités, leur discipline (prêtres mariés). Elles restent des témoins de traditions dont certaines remontent aux premiers siècles du christianisme. Ces Églises proviennent du retour à Rome après un temps de séparation d'un certain nombre d'Églises orientales. Les plus importantes sont les Églises alexandrine, antiochienne, chaldéenne (voir Babylonie), arménienne, byzantine.

4. INSTITUTION ET TRADITION DE L'ÉGLISE.

        L'Église ne se pense pas comme simple institution humaine mais comme mystère. Elle s'estime être l'expression de l'Église du Christ, réalité mystique qui dépasse la seule institution. Elle subsiste dans l'Église catholique selon le concile Vatican II : l'Ésprit saint habite l'Église, l'institution est un don de l'Ésprit saint.

4.1. LA TRADITION.

        Cette assurance provient de la tradition qui a un rôle important dans l'Église. Selon les catholiques, elle est la possibilité même de la foi. La foi n'est possible que par l'audition de la parole donc par la transmission du discours de la foi. La tradition est le critère du discernement. Elle est identifiée avec la vie de l'Église, elle se maintient dans la prédication à travers la prière, la liturgie, les sacrements. Elle est à l'œuvre dans la proclamation des conciles ou des papes.

        La Réforme au XVIème siècle mit de côté la tradition. Elle donna à l'Écriture un rôle suprême dans la foi et l'établit dans une parfaite autonomie. « Par l'Écriture seule » (sola scriptura, en latin) fut le mot d'ordre des réformateurs. L'Église catholique refusa lors du concile de Trente de dissocier l'Écriture et la tradition : la Révélation, selon elle, vient à travers l'un et l'autre.

4.2. SUCCESSION APOSTOLOQUE.

        La tradition se maintient grâce à la succession apostolique qui garantit le lien entre un évêque et les apôtres. La succession apostolique s'applique si l'évêque remplit sa tâche d'apôtre et s'il y a une succession ininterrompue entre lui et les apôtres. Celle-ci se marque par l'imposition des mains de l'évêque précédent, geste perpétué depuis les apôtres. La théorie de la succession apostolique est présente dans la lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, lettre de 96 apr. J.-C.

5. DOCTRINE : INFAILLIBILITÉ ET THÉOLOGIE.

5.1. INFAILLIBILITÉ.

        L'Église catholique se pense infaillible. L'infaillibilité provient de la présence de l'Ésprit saint en son sein. Elle se réfère aux promesses de Jésus à ses apôtres.

        L'infaillibilité s'applique dans des domaines restreints. Il s'agit exclusivement de la définition de points de doctrines concernant la foi et la morale. La définition formulée ne doit pas consister en une innovation mais à clarifier, à préciser, à élucider un enseignement du Christ. Le pape jouit de cette infaillibilité. Le concile Vatican I a proclamé en 1864 le dogme de l'infaillibilité pontificale. Le pape possède cette infaillibilité en vertu de son office lorsqu'il proclame une doctrine de foi ou de morale. Il proclame alors ex cathedra.

5.2. THÉOLOGIE.

        Les chrétiens font un effort pour rendre compte de leur foi. Ils essaient d'expliciter le donné de la foi par l'intelligence et font de la théologie, discipline qui traite du Dieu de la foi, connu par la Révélation.

        L'exégèse explique et commente les textes bibliques. Dans l'encyclique du pape Pie XII Divino Afflante Spiritu (1943), l'Église accepte les principes modernes d'exégèse biblique. Elle pratique l'exégèse historico-critique.

        La théologie cherche aussi à rendre compte de ce qui fait la foi de l'Église notamment dans ses expressions privilégiées, symboles de foi, dogmes, sacrements. Saint Thomas d'Aquin, saint Bonaventure au Moyen Âge ou Karl Rahner et Hans Urs von Balthasar sont de nos jours des grands noms de la théologie catholique.

        Aujourd'hui, la théologie fait appel aux différentes méthodes pratiquées en histoire et dans les sciences humaines. La philosophie apporte également à la théologie un concours essentiel dans sa réflexion sur les données de la foi.

        Variées, les théologies sont de l'ordre de la recherche et sujettes à diverses opinions. Elles ne relèvent pas de l'enseignement dogmatique qui appartient au seul magistère (enseignement du pape et des conciles œcuméniques).

6. SACREMENT ET PIÉTÉ.

6.1. LES SACREMENTS.

        L'Église catholique invite chaque fidèle à participer aux sacrements qui sont des rites en lien avec l'événement fondateur du christianisme, la mort et la résurrection du Christ. L'Église catholique reconnaît sept sacrements, le baptême, l'eucharistie, la confirmation, le sacrement de pénitence, le mariage, l'ordre, l'extrême onction ou sacrement des malades. Cette liste a été dressée au XVIème siècle, durant la septième session du concile de Trente.

        Le baptême, l'eucharistie, la confirmation sont les trois sacrements de l'initiation. Grâce à eux, un homme devient chrétien. Il est introduit peu à peu dans l'ensemble du mystère chrétien.

        L'eucharistie est le sacrement principal de la liturgie catholique. Depuis les années 1970 les chrétiens ont remis à l'honneur ce mot d'eucharistie qui signifie action de grâce, remerciement. L'origine de la messe est une cérémonie juive, probablement le repas pascal (voir Pessah). La messe se compose de deux parties, la liturgie de la Parole et la liturgie de l'eucharistie proprement dite. Le rite de la messe n'est pas immuable mais a une histoire. Des changements ont été apportés lors du concile Vatican II dans le décret Sacro sanctum concilium (4 décembre 1963). Depuis ce concile, le latin n'est plus la seule langue liturgique. La messe est dite dans toutes les langues.

        Les catholiques croient en la présence du corps et du sang du Christ dans le pain et le vin eucharistiques. Les sacrements agissent en vertu de Dieu lui-même, indépendamment de la foi ou de la vertu du prêtre qui les administre. Le concile de Trente nomma cette conception l'ex opere operato.

        Le sacrement de pénitence (appelé aujourd'hui sacrement de la réconciliation) permet au catholique de se réconcilier avec Dieu. Au cours de ce sacrement, le pénitent doit avouer ses fautes ou péchés. Par cet aveu, il reconnaît comme sien le péché. L'aveu doit être précis et montrer les circonstances qui peuvent modifier la gravité de l'acte. Le prêtre permet au pénitent de discerner ses fautes. Il lui donne l'absolution au nom de l'Église et lui attribue une pénitence constituée le plus souvent par une courte prière qui permet au pénitent de « réparer » ses fautes. Les catholiques ne limitent pas le péché à des questions morales mais le mettent désormais en relation avec la foi.


Claudio Coello, Sagrada Forma, 1690. Sacristie de l'Escurial, San Lorenzo del Escorial.haut de page


6.2. LES PIÉTÉ POPULAIRE.

        Les catholiques expriment leur piété d'autres façons. La dévotion à la Vierge Marie est très présente dans l'Église comme le montrent les nombreux pèlerinages à Lourdes ou à Fatima. La récitation du rosaire de la Vierge Marie est une pratique dévotionnelle très répandue.

        Le culte des saints est une des composantes importantes de la religion populaire. De nos jours, certains saints suscitent une grande ferveur populaire. François d'Assise est loué pour son esprit de pauvreté et de fraternité, Maximilien Kolbe pour le sacrifice de sa vie, Thérèse de Lisieux pour sa soif de Dieu. En plus de leur fête propre, tous les saints sont fêtés en une seule fête, le Ier novembre, jour de la Toussaint.


Fra Filippo Lippi, Vierge à l'Enfant, 1455. Tempera sur bois. Musée des Offices, Florence. « Lippi, Vierge à l'Enfant »


7. L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN FRANCE.

        Selon une enquête de 1996, 67 p. 100 des Français se disent catholiques, 10 à 15 p. 100 d'entre eux iraient à la messe régulièrement. Les catholiques pratiquants sont plutôt des femmes et généralement des personnes âgées. Ils votent à une grande majorité pour les partis conservateurs. Ils demeurent fidèles à l'Église non sans réserve parfois vis-à-vis de son évolution.

        Mais le nombre des pratiquants ne cesse de baisser. Certaines modifications sociales peuvent justifier cela, comme les migrations massives des campagnes vers les villes ou les conditions de travail déshumanisantes.

        Le nombre des ordinations continue aussi de baisser. Le clergé n'est plus renouvelé. Parmi les nombreuses causes, nous pouvons citer la diminution de la pratique religieuse, la régression du monde rural qui avait autrefois vu naître beaucoup de vocations ecclésiastiques, la raréfaction des familles nombreuses.

        Des personnalités aussi différentes que le cardinal Lustiger, l'abbé Pierre ou Mgr Gaillot dominent la vie de l'Église française. L'« affaire Gaillot » qui vit la condamnation d'un évêque dont le jugement s'est en partie écarté de celui de l'Église sur des questions de morale sexuelle et sociale, fut un événement important de la vie de l'Église dans les années 1990. Pour certains, elle n'est que la confirmation de l'attitude négative de l'Église face à la modernité. Pour d'autres, elle traduit la nécessité d'une reprise en main face à des positions jugées trop permissives.

        L'Église connaît cependant certains phénomènes de renouveau. De nombreux groupes de prière dans le courant du renouveau charismatique attirent beaucoup de jeunes. Ces groupes se réunissent régulièrement et les réunions sont ouvertes à tous ; l'expression y est souvent spontanée. Une minorité de catholiques suivit Mgr Lefebvre dans sa condamnation du concile. Ils occupèrent par la force les églises de Saint-Nicolas-du-Chardonet à Paris en 1977 et de Saint-Louis de Port-Marly dans Les Yvelines en 1986.

        Pour les catholiques, l'Église a les promesses de la vie éternelle. Le Christ ne peut lui retirer sa fidélité. Pour les autres, l'avenir de l'Église dépend de sa capacité à répondre à la modernité et aux diverses contradictions présentes en son sein.






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